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Collégiale Saint-Just – Mémoire et Patrimoine

figures de la collégiale I Les sept frères macchabées

LES SEPT FRÈRES MACCHABÉES ET SAINT-JUST

Vitrail au dessus de la porte menant à la sacristie

“Eh ! Que n’auraient pas fait ces hommes qui ont subi le martyre avant la passion du Christ, s’ils avaient été persécutés après le Christ et s’ils avaient eu à imiter la mort du Sauveur pour nous ? Eux qui, sans le secours d’un pareil exemple, ont fait éclater une telle vertu, comment ne se seraient-ils pas montrés plus courageux encore si, au milieu de leurs dangers, ils avaient eu sous les yeux ce modèle ?”Saint Grégoire de Naziance – Discours 15 – Sur les Macchabées

Dédicace du fronton

“D’ABORD AUX MACCHABÉES…

Parmi les textes de l’Ancien Testament, le second livre des Macchabées raconte le martyre de ces sept frères.

Au IIe siècle av. J.-C., le roi de Syrie Antiochus IV (Antiochos Épiphane), alors que les Juifs étaient divisés entre Juifs attachés à la Tradition et Juifs hellénisés dans ce royaume issu des conquêtes d’Alexandre, voulut, croyant résoudre la crise, abolir la Loi, et donc le judaïsme. Il s’ensuivit une révolte à la fois fiscale, compte tenu des prélèvements effectués par le roi dans le trésor du Temple, et religieuse, de la part des Juifs pieux. Les frères Macchabées, soutenus par leur mère, préférèrent mourir plutôt que de consommer de la viande de porc (interdite par la loi de Moïse). L’Église primitive a rendu un grand culte à ces martyrs juifs, dans lesquels elle a vu les prototypes des martyrs chrétiens.

Un autre passage du second livre des Macchabées raconte qu’au retour d’une campagne victorieuse contre les nouveaux maîtres d’Israël, Judas Macchabée fit offrir un sacrifice pour les morts tués au combat, afin qu’ils soient absous de leurs péchés en vue de leur résurrection.

Cet épisode a été retenu comme la première annonce de la résurrection des morts.

… PUIS À SAINT-JUST”

Lorsque les Lyonnais ramenèrent d’Égypte les restes des corps de Saint Just et de son clerc Viateur, ils les ensevelirent dans un mausolée de la grande nécropole de Saint-Irénée – Saint-Just, à l’emplacement de l’actuel jardin archéologique, rue des Macchabées.

Une basilique s’éleva bientôt à coté de ce mausolée (Ve s.); elle était à l’origine dédiée aux Frères Macchabées, dont le culte était très répandu dans l’Église ancienne. Ils sont encore fêtés au 1er août de l’actuel calendrier des saints. Les corps de Just et de Viateur y furent transférés à une date inconnue, et la basilique pris alors le nom de Saint-Just: elle le portait déjà au VIIIe siècle. Plusieurs sanctuaires se succédèrent sur les lieux : la basilique du Ve siècle fut reconstruite au VIe siècle, restaurée au IXe sous l’évêque Rémi (qui y fut enterré), et entièrement reconstruite aux XIIe-XIIIe siècles pour en faire la plus grande église de Lyon après la cathédrale. Depuis le IXe siècle elle était desservie par un chapitre (ou collège) d’une vingtaine de chanoines.

Autour de leur église les chanoines-barons de Saint-Just élevèrent un cloître fortifié qui abrita pontifes et têtes couronnées : le pape Innocent IV y séjourna sept ans, de 1244 à 1251 (il présida le premier concile de Lyon en 1245), le pape Clément V y fut couronné en 1305 ; les rois de France Saint Louis (Louis IX), Philippe le Bel, Charles VIII y résidèrent aussi, de même que la régente Louise de Savoie, mère de François 1er pendant les campagnes d’Italie.

La nuit du 30 avril au ler mai 1562, les Réformés se rendirent maîtres de la ville de Lyon : le surlendemain les troupes du baron des Adrets entrèrent dans Saint-Just et commencèrent la destruction du cloître et de tout ce qu’il contenait. L’église fut sapée en septembre de la même année.

Un nouveau sanctuaire fut construit par la suite à l’intérieur des remparts de la ville qui conserva la trace des anciens sanctuaires par l’inscription au fronton de la nouvelle église de l’inscription  “MACHABAEIS PRIMO DEINDE SANCTO IUSTO” qui se traduit par “D’ABORD AUX MACCHABÉES PUIS À SAINT JUST”, perpétuant ainsi la tradition.