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Collégiale Saint-Just – Mémoire et Patrimoine

LES VITRAUX

La collégiale Saint-Just possède des œuvres de nombreux maîtres-verriers de renommée locale et nationale tels qu’Elie Lesourd , Georges-Nicolas Dufêtre, Alexis-Brun-Bastenaire, les ateliers Gentelet et Godard, Barrelon et Veyrat; le peintre lyonnais Georges Décote a pour sa part réalisé le carton du vitrail de la façade.

L’église Saint-Just offre au visiteur plusieurs vitraux qui datent à peu près tous de la fin du 19ème siècle, la décoration de l’église ayant été complétée dans les années 1920 par le vitrail central. Celui-ci a été conçu selon un carton du peintre lyonnais Georges Décote, évoquant le Bon Pasteur et la parabole de la brebis perdue, tandis que l’entrée principale est surmontée par un vitrail très coloré produit par l’atelier de Paul Nicod, La Croix de la Passion du Christ qui rayonne dans l’ovale de l’oculus.

Les fenêtres hautes de la nef, ainsi que les premières fenêtres des collatéraux, sont dotées de vitraux à figures géométriques dus à Elie Lesourd (1826).

fenêtres hautes de la nef - Élie Lesourd

“Le renouveau catholique au XIXe siècle accompagne la renaissance du vitrail et la redécouverte de la couleur. À Lyon, ce mouvement est particulièrement vigoureux. Il faut restaurer les vieilles églises laissées à l’abandon pendant la révolution et en construire de nouvelles dans les quartiers en voie d’urbanisation. Entre 1818 et 1845, plusieurs églises lyonnaises sont vitrées de neuf par un maître-verrier dont on sait peu de choses : Elie Lesourd. Les vitraux qu’on a conservés de lui à Saint-Irénée et à Saint-Just montrent un usage discret de la couleur, une dominante de blanc, de jaune d’argent et de rouge rubis, doux et chaleureux, une forte organisation de la verrière ornée de motifs symboliques sur un fond losangé. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, beaucoup de ces vitraux jugés sans grand intérêt ont été détruits et remplacés par des compositions plus conformes aux traditions figuratives du Moyen-âge et de la Renaissance : scènes bibliques, figures en pied des saints et des martyrs, soin porté à la représentation des vêtements, traits marqués et couleurs vives. On assiste au retour triomphant de l’image”. Extrait du bulletin n°114 – Juin 2018 – de l’association Sauvegarde et Embellissement de Lyon, consacré à Lucien Bégulle, peintre-verrier et archéologue français né le à Saint-Genis-Laval et mort le à Lyon 2e.

Les autres vitraux des collatéraux traitent des thèmes en rapport direct avec la piété lyonnaise, et française plus généralement, de la deuxième moitié du XIXe siècle : culte des martyrs, dévotion au Sacré-Cœur, à saint Joseph à la Vierge Marie, au respect de l’institution ecclésiastique.

Le coté nord (à gauche dans l’église, en haut sur le plan) est plus spécialement consacré au Christ et à ses grands témoins, le côté sud (à droite) à Marie et à Joseph. Dus à Georges-Nicolas Dufêtre (1880), qui les a traités comme de grands tableaux aux couleurs intenses, ils représentent la condamnation de saint Pothin et, en face, le martyre de sainte Blandine, puis saint Joseph, à travers l’autel qui lui est consacré et le vitrail où il est associé à sainte Anne, avec, en face, l’autel du Sacré-Cœur et l’apparition du Christ à sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial (en 1873, l’Assemblée nationale avait consacré la France au Sacré-Cœur), enfin le Rosaire remis par la Vierge à saint Dominique, associé à sainte Catherine de Sienne et au pape Pie V et, en face, la remise des clés par le Christ à saint Pierre : l’œuvre, qui survient dix ans après le concile Vatican I qui a proclamé l’infaillibilité pontificale, souligne l’importance de l’institution ecclésiale.

Dans la chapelle de saint Just nous trouvons les vitraux de Gentelet et Godard représentant les Macchabées et saint Alexandre, tandis que saint Just est représenté sur un vitrail d’Alexis-Brun-Bastenaire

La chapelle de la Vierge est décorée d’un vitrail de Dufêtre (1880) représentant La Sainte Famille et de deux vitraux plus anciens (vers 1860) dus à Barrelon et Veyrat, traités dans l’esprit médiéval avec des médaillons superposés et se rapportant à la vie, puis à la gloire de Marie (on remarque par exemple dans ce dernier, l’apparition de Marie à Bernadette Soubirous à Lourdes liée au dogme de l’Immaculée Conception, dont la proclamation (1858) était toute récente).